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5 ans de Maison pour la science, partenaire d’EDF et d’ÉS

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Pour fêter ses cinq ans, la Maison pour la science organisait le 19 mai une journée anniversaire autour de la problématique du rapprochement entre monde de la recherche et de l’enseignement. EDF a apporté son témoignage sur un partenariat novateur entre le monde de l’éducation et celui de l’industrie, pourvoyeur de nombreux débouchés pour les filières scientifiques.

La Maison pour la science en Alsace (MSA) œuvre depuis 2012 au développement de manières innovantes de former les professeurs au contact de la recherche contemporaine telle qu’elle se fait  dans les laboratoires, dans le sillage de La main à la pâte et grâce au soutien indispensable de l’Université de Strasbourg et du Rectorat de l’Académie de Strasbourg.

Depuis 5 ans, la MSA a expérimenté combien la collaboration étroite avec de multiples partenaires du monde de l’éducation et du monde de la recherche aboutit à des interactions riches et très positivement inattendues, au service de tous les acteurs impliqués, et au bénéfice des élèves. « C’est la synergie, la coopération et l’émergence de nouvelles pratiques d’enseignements des sciences que nous souhaitons mettre au cœur de cette journée en mutualisation d’expériences, pour inventer dans l’avenir de nouvelles formations des enseignants au contact de la recherche », souligne Mélodie Faury, directrice de la Maison pour la science en Alsace.

« Nous avons besoin des sciences pour relever les défis sociétaux : changement climatique, développement durable, transition énergétique, big data, urbanisation… Nous devons former tous les citoyens à ces enjeux. Et les citoyens de demain sont nos élèves aujourd’hui. A nous d’en faire des citoyens éclairés et responsables. »

En guise d’introduction de cette journée, Sophie Béjean, Rectrice de l’académie de Strasbourg et Chancelière des universités,  a insisté sur le rôle majeur des sciences dans l’éducation des jeunes. « La maîtrise des sciences de base constitue un enjeu pour les citoyens européens. Pour stimuler la curiosité naturelle, il est essentiel que les enseignants soient en confiance. Grâce à son interaction permanente avec l’Université de Strasbourg et le Rectorat, la Maison pour la science en Alsace a pu favoriser cette rencontre et les échanges entre les enseignants et les chercheurs. Les enquêtes montrent que les efforts engagés n’ont pas encore porté leurs fruits en France. Nous accusons un retard notamment pour les mathématiques et les sciences, et particulièrement au niveau des élèves des familles défavorisées. Pour cela, nous devons proposer de nouvelles pratiques d’enseignement et privilégier les relations entre enseignants et chercheurs. Nous avons besoin des sciences pour relever les défis sociétaux : changement climatique, développement durable, transition énergétique, big data, urbanisation… Nous devons former tous les citoyens à ces enjeux. Et les citoyens de demain sont nos élèves aujourd’hui. A nous d’en faire des citoyens éclairés et responsables. A nous de leur donner envie de devenir des chercheurs, des ingénieurs et des techniciens. »

Pour Pierre Léna, Président d’honneur de la Fondation La main à la pâte, membre de l’Académie des sciences, est revenu sur le contexte qui a abouti il y a cinq ans à la création des premières antennes de la Maison pour la science à Toulouse et Strasbourg. « Nous avons vu les Maisons pour la science comme des prototypes. Nous voulions montrer qu’il était possible de relier les enseignants et les chercheurs ? Aujourd’hui, nous devons montrer que les Maisons pour la science ont un impact sur les élèves, notamment grâce aux outils que nous développons pour leurs enseignants. Comme l’a expliqué Madame la Rectrice, l’école primaire doit être une priorité pour les Maisons pour la science afin de former les citoyens de demain. »

Plusieurs tables-rondes ont ensuite permis aux participants d’entendre des témoignages et retours d’expériences sur les cinq premières années de la MSA, notamment sur les effets ressentis par les enseignants (1er degré, second degré, supérieur), les acteurs de la recherche (chercheurs, doctorants, techniciens, ingénieur), du monde de l’industrie et pour les élèves.

Jean-Daniel Hihi est l’un des piliers de la MSA à laquelle il apporte ses compétences d’enseignants-chercheurs. Il rappelle d’ailleurs que « si les actions de la MSA doivent toucher les élèves du primaire, elles sont d’autant plus nécessaires quand on sait que les quatre cinquième des professeurs des écoles n’ont aucune formation scientifique. » Parmi les solutions qu’il évoque, il insiste sur l’effet bénéfique des acteurs de la MSA sur leur propre pédagogie éducative. Jean-Daniel Hihi a d’ailleurs obtenu récemment le premier prix « Master Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation » pour son mémoire « L’implication des enseignants-chercheurs en tant que formateurs associés aux Maisons pour la science induit-elle une modification de leurs pratiques pédagogiques dans le cadre de leur enseignement à l’université ? ». À partir d’une enquête auprès de quatre enseignants-chercheurs, Jean-Daniel Hihi a voulu montré en quoi la démarche d’investigation peut trouver sa place dans un enseignement universitaire dont le besoin de rénovation se révèle souhaitable si l’on veut assurer la continuité des réformes engagées dans les programmes scolaires. Il propose une démarche conçue comme un triptyque. La première phase – qui fait l’objet du mémoire – consiste en une recherche qualitative exploratoire dont la problématique est construite pas à pas. En étudiant les aspects méthodologiques, il a sérié la diversité des processus nécessaires à la construction d’une recherche de qualité. Le traitement des deux autres phases, consistant respectivement en une enquête statistique et en une enquête de confirmation, dépasse le cadre du travail de mémoire. Présentant une synthèse de ses travaux, il propose un modèle pédagogique, qu’il appelle « modèle des compétences », et qui vise à expliquer en quoi le savoir savant, la didactique et la pédagogie sont les trois piliers permettant de comprendre pourquoi les co-constructions des formations des Maisons favorisent une relation interféconde entre ses différents acteurs.

Jean-Daniel est l’un des correspondants privilégiés des actions qu’ils ont co-construites avec Bernard Bloch, leur interlocuteur du groupe EDF en Alsace, premier partenaire industriel de la MSA. Pour cette journée anniversaire, la MSA avait demandé à Bernard Bloch d’apporter le regard de l’industriel, dans une table-ronde intitulé « Se former tout au long de la vie : sortir du cadre pour penser et réinventer sa pratique’’

« Pour le groupe EDF, l’attirance des talents dans les formations scientifiques et leur recrutement dans les sites de production et de R&D représentent des enjeux majeurs pour demeurer le leader mondial des énergies bas carbone. »

« Je vais vous raconter une histoire d’amour, a commencé Bernard Bloch. Une histoire qui commence sur la méfiance, une méfiance typiquement française d’ailleurs entre les mondes de l’éducation et de l’industrie. Une histoire qui commence dans un contexte particulier autour de la transition énergétique et de la place du nucléaire. Une attirance commune avec la MSA et une convergence de vue pour dépasser les opinions et les a priori afin d’aborder les faits et co-construire un programme alliant apprentissages théoriques avec des visites in situ et des rencontres avec des experts d’EDF, d’ÉS, et de leurs partenaires du monde de l’énergie et du bâtiment notamment. Notre partenariat a commencé fin 2014 autour de 3 actions : un voyage-apprenant d’une journée autour de la rénovation énergétique des bâtiments, une journée consacrée à la Lumière, et un voyage-apprenant de plusieurs jours pour découvrir les moyens de production de l’électricité. »

Ces actions illustrent les recommandations du rapport 2015 de la Commission européenne sur « l’enseignement des sciences pour une citoyenneté responsable », a expliqué Bernard Bloch. « J’en citerais 4.

  1. « Renforcer les collaborations avec les entreprises et la société civile ». En Alsace, 3000 personnes sont salariées du groupe EDF dont 1200 au sein d’ÉS. C‘est aussi entre 150 et 200 recrutements par an, parmi lesquels plusieurs dizaines d’alternants et autant d’apprentis présents. Dans le monde, ce sont plus de 150000 personnes, dont une grande majorité de métiers techniques et plus de 2000 chercheurs pour un budget de 600 millions d’euros en recherche et développement. Pour le groupe EDF, l’attirance des talents dans les formations scientifiques et leur recrutement dans les sites de production et de R&D représentent des enjeux majeurs pour demeurer le leader mondial des énergies bas carbone.

  2. « Améliorer la formation initiale, l’accompagnement et le développement personnel ». Visiter un site industriel et rencontrer des experts tient autant de la formation que de la culture générale. Ce mariage du tourisme industriel avec la formation est typiquement le cas de la semaine des moyens de production, qui est organisée sur le temps des congés des enseignants et chercheurs.

  3. « L’enseignement des sciences est une composante clé d’un continuum d’enseignement à la citoyenneté active engagée pour tous à partir de l’école maternelle, en favorisant également l’inclusion des personnes en situation de handicap ». En Alsace, nous sommes partenaires de plusieurs dispositifs de sensibilisation et de formation, du CM1 à l’Université. Mais nous sommes également partenaires d’organisations du monde du handicap. Nous avons ainsi intégrés des enseignants et des stagiaires du Centre de réadaptation de Mulhouse, en réorientation professionnelle, aux RénoBBCtour organisés avec la MSA, favorisant ainsi un regard croisé sur les problématiques du handicap.

  4. « Relier stratégie d’innovation et stratégie d’enseignement des sciences au niveau local comme international ». A l’occasion de la Semaine des moyens de production organisée en juillet dernier, les stagiaires de la MSA ont rencontré des chercheurs des sites de production ainsi que le centre R&D du groupe EDF à Karlsruhe, EiFER.

Aujourd’hui, EDF s’est réorganisé à la maille des nouvelles régions, ici à la maille Grand Est, et nous avons déjà donné notre accord pour accompagner la MSA à l’échelle de ce nouveau territoire, fort de nos équipes et de nos sites de production dans le Grand Est. D’ailleurs, il y a deux ans, nous avions emmené des enseignants à Toul visiter l’impressionnante centrale photovoltaïque, une surface équivalente à 500 terrains de football. Et l’été dernier, plusieurs enseignants de Lorraine ont participé à la semaine de production.

Les projets ne manquent pas. A nous d’être imaginatifs pour sortir du cadre et co-contruire ces nouvelles pratiques de formation ouverte sur la citoyenneté et le monde de l’entreprise. »

« Cette histoire d’amour, l’équipe de la Maison pour la science ne savait pas qu’elle était impossible, alors elle l’a vécue intensément ! »

« Cette histoire d’amour, l’équipe de la MSA ne savait pas qu’elle était impossible, alors elle l’a vécue intensément !, a expliqué Béatrice Salviat, Directrice adjointe de la Fondation La main à la pâte. Et nous avons toute raison de penser que la belle aventure commencée voilà cinq ans présente tous les atouts d’une liaison faite pour durer. Tout a commencé par une sorte de petite annonce à laquelle l’Université de Strasbourg a répondu positivement. Il s’agissait d’un appel d’offre émanant de l’Académie des sciences pour construire un foyer douillet destiné à accueillir les enseignants du premier degré et du collège, financé pour moitié par les investissements d’avenir. Ce foyer chaleureux et bouillonnant prendrait le nom de Maison pour la science au service des professeurs. Parmi plusieurs candidatures réparties dans toute la France, celle de l’Université de Strasbourg a été retenue comme l’une des deux meilleures. La MSA accédait ainsi, dès sa création en 2012, au rang de pionnière et défrichait un chemin inexploré qui menait à la constitution d’un prototype fédérant de nombreux partenaires avec une exacte parité pour toutes les actions qu’elle entreprendrait : 50-50, autant de chercheurs scientifiques que de formateurs. 

Les mises en situation, au début difficiles à trouver, se mirent peu à peu à foisonner dans tous les domaines scientifiques, des mathématiques aux sciences de la Terre sans oublier physique, chimie et biologie. Interdegrés, interdisciplinarité, maîtrise de la langue n’eurent bientôt plus de secrets pour les partenaires, tous tombés amoureux du concept. De grands voyages intellectuels et des périples bien réels mobilisèrent les plus téméraires : par exemple sur le thème de l’énergie en Alsace avec EDF et ÉS, ou jusqu’en Antarctique avec Annabelle et le Muséum d’histoire naturelle. Pour toutes et tous, des parcours à la carte étaient devenus envisageables. Mais les professeurs des écoles et du collège n’ont pas été les seuls bénéficiaires du projet. Jean-Daniel a montré que l’implication des chercheurs dans la MSA avait des répercussions sur leurs pratiques professionnelles avec les étudiants. Après cinq ans d’activité, environ 80 actions de développement personnel différentes ont été réalisées, testées et inscrites dans l’offre de la MSA. La route vers la pérennisation est grande ouverte. Le plus important, ce n’est pas de s’arrêter parce qu’on est arrivé, mais bien de continuer à avancer plein d’espoir au service des professeurs qui enseignent la science pour que leurs élèves en tirent tout le bénéfice possible. Cette histoire d’amour ne va pas cesser de sitôt. »

En fin de journée, la MSA avait convié le très charismatique philosophe Michel Serre qui, au cours d’une conférence, a expliqué comment il avait vu venir les grandes révolutions de notre temps. Curieux de tous les savoirs, il a tenté de décrire les singularités de notre monde au travers de personnages qui permettent  à leur tour d’organiser sa pensée.

Bon anniversaire à la Maison pour la science !


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