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Le facteur humain dans l’usine du futur

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Vendredi 15 janvier 2016, Mireille Hahnschutz, conseillère industrie à la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Alsace, réunissait pour sa première session le groupe de travail qu’elle a créé pour réfléchir sur « le facteur humain dans l’usine du futur ». EDF avait également proposé d’y convier le responsable de la Chaire Management des connaissances de l’EM Strasbourg.

« Nous souhaitons impulser une dynamique de partage d’expériences avec des industriels alsaciens pour accompagner la transformation des entreprises vers l’usine du futur »

« L’enjeu consiste à maintenir l’industrie en Alsace et réindustrialiser la France, explique la conseillère industrie de la CCI Alsace. Avec ce groupe de travail, nous souhaitons impulser une dynamique de partage d’expériences avec des industriels alsaciens pour accompagner la transformation des entreprises vers l’usine du futur. Collectivement, ces industriels présents vont co-construire des solutions. »

Pour introduire cet après-midi de travail, Mireille Hahnschutz a choisi de montrer aux participants une vidéo sur l’Usine du Futur, réalisée par la Fédération des Industries Mécaniques et le Cetim. Répondant en 2 minutes à la question « L’Usine du Futur, c’est quoi ? », cette vidéo rappelle qu’avec le programme Industrie du futur, un mouvement national s’est enclenché pour replacer l’industrie manufacturière au cœur de l’économie.

Avec l’usine du futur, les enjeux sont multiples en termes d’organisation et de management

Le développement des compétences, la capitalisation des savoirs et le transfert des compétences sont souvent cités, en lien étroit avec l’intégration de nouvelles technologies dans les process de fabrication et de décision des entreprises, ou comment accompagner la montée en compétences et l’évolution des métiers opérationnels (productions, maintenance) et managériaux. En face de toutes ces innovations, l’entrepreneur va également devoir pérenniser des compétences critiques et donc fidéliser ses salariés.

Un autre enjeu exprimé par les décideurs des entreprises alsaciennes relève d’une nouvelle génération d’employé, de leur intégration et de leur adhésion aux valeurs et aux objectifs de l’entreprise. Renforcer l’autonomie des équipes et l’implication des collaborateurs dans le processus d’amélioration continue fait ainsi partie des pistes à explorer.

Ces enjeux induisent également que les dirigeants et responsables des ressources humaines vont devoir trouver des solutions et soient très agiles pour libérer les énergies créatives internes. Les participants sont pleinement conscients de la nécessité de devoir recruter des collaborateurs déjà formés à des nouvelles technologies bien spécifiques.

Formant un cercle ouvert, les participants ont convergé sur les enjeux en lien avec l’usine du futur.
« Il va falloir adapter la flexibilité des opérateurs à la flexibilité des moyens de production, dans le contexte de l’industrie du futur. »
« L’adoption des nouvelles technologies dans les usines impacte directement les méthodes de travail et la gestion de nos RH. »
« Nos collaborateurs vont devoir être pluridisciplinaires et nos modes de fonctionnement davantage transversaux par rapport aux challenges à venir. »

Très rapidement, le groupe de travail a partagé ses expériences vécues sur les hommes et les femmes face au changement, notamment par rapport aux impacts induits par l’usine du futur. Parmi les outils mis en œuvre, la présentation d’un module de formation de micro-learning par simulation numérique, du e-learning mis en situation industrielle a séduit un certain nombre de décideurs présents. Cet outil visait à former un grand nombre de salariés à de multiples activités expertes, ceci afin de conjurer les absences maladie pour éviter des arrêts de production.

Pour se projeter dans l’usine du futur, les animateurs ont ensuite demandé aux participants de se répartir dans deux sous-groupes pour réfléchir à deux questions d’anticipation.

C’est quoi un salarié engagé en 2025 ?

20160115-UsineDuFutur-CCI-EDF-BootzLes entrepreneurs présents sont unanimes pour convenir que les motivations du salarié sont la matière première de son engagement. « C’est un collaborateur qui se sent utile pour lui, pour son entreprise, pour sa planète », qui « s’exprime dans l’entreprise », « un collaborateur qui aime le travail », « un collaborateur heureux » et « qui travaille avec plaisir », qui « adhère aux valeurs de l’entreprise » et « aux objectifs de l’entreprise ». C’est un intrapreneur, un « co-entrepreneur ». Pour les participants, un salarié engagé est avant tout « un salarié heureux de se lever le matin pour aller travailler. » Mais attention, il faudra aussi que « sa quête de sens soit d’autant plus satisfaite qu’en 2025 existera peut-être aussi un SMIC social pour les personnes dépourvus d’un emploi. »

En complément de sa motivation, l’autre point d’attention lié à l’engagement du salarié, selon les participants, concerne son savoir-être et son comportement. Un salarié engagé est « un collaborateur engagé sur son temps de présence à 100% », « qui est impliqué et qui participe à la création de valeur », « qui est force de propositions », « qui participe au groupe », « qui alerte et partage les problèmes rencontrés », « qui entraîne ses collègues dans le sens positif ». Le salarié engagé sera aussi davantage « autonome » et « auto-apprenant », qui « forme les autres » et « qui transmet plus facilement son savoir ». C’est aussi un salarié davantage « mobile », « qui valorise l’entreprise à l’extérieur » et « qui a envie de détecter et ramener des clients ».

C’est quoi une entreprise agile en 2025 ?

Le second sous-groupe était invité à réfléchir sur l’entreprise agile. Ici aussi, les entrepreneurs ont été productifs. L’entreprise agile de 2025 sera forte d’un management distribué et de salariés polycompétents. « Une entreprise qui crée du sens » avec des « équipes interactives et autonomes », une « entreprise à l’organisation plate, avec peu de hiérarchie », une entreprise qui saura « se développer en misant sur des managers intrapreneurs et experts », avec des « salariés acteurs de leur organisation » et « qui prennent en main leur formation et le développement de leurs compétences », des « collaborateurs polyvalents et polycompétents », capables « d’exercer plusieurs métiers en fonction du besoin », une « entreprise qui suscite la créativité individuelle et collective ». C’est entreprise dans laquelle, « en terme de management, chacun des intervenants est capable de savoir de lui même en fin de journée si sa mission a été bien accomplie ou pas. »

L’entreprise agile de 2025 devra aussi être réactive, « capable de réagir dans des délais très courts sur des produits très divers », de « s’adapter à la variation de charge », avec davantage de « visibilité sur l’ensemble de la chaîne de valeur (supply chain) » et donc « capable de réorganiser ses moyens et flux de production », avec demain « des clients qui lanceront eux-mêmes la fabrication de leurs produits ».

Un autre aspect de l’entreprise agile concerne l’économie collaborative : « des entreprises se regrouperont pour travailler sur des projets communs », elles « partageront leurs moyens de fabrication et leurs équipements. » L’entreprise sera « étendue aux partenaires, aux centres de recherche et développement », elle sera « capable d’intégrer la culture scientifique et de capitaliser l’expérience » et saura « gérer l’innovation ouverte en abolissant des frontières culturelles », une « open innovation » forte de « collaborations avec des entreprises innovantes ». Demain, l’entreprise agile « saura d’une part où trouver rapidement les compétences qu’elle n’a pas, d’autre part partager certaines de ses compétences avec d’autres entreprises : employés en temps partagés avec d’autres entreprises, par exemple webmarketing, ingénieur R&D, designer… »

Les participants ont également exprimé leurs attentes par rapport à ce groupe de travail. Partager des expériences menées ou éprouvées, notamment sur les bonnes pratiques managériales et sur des modèles d’organisation performants et propices au bien-être des collaborateurs, impulser une dynamique apprenante au sein du groupe, identifier, co-construire des bonnes pratiques éprouvées ou à éprouver, et pourquoi pas construire un référentiel RH pour l’industrie du futur.

Sur proposition d’EDF, la CCI Alsace a également invité Jean-Philippe Bootz, Maître de conférences à l’EM Strasbourg, à participer au groupe de travail. « Ce qui m’intéresse dans ce groupe de travail, c’est d’observer, accompagner et participer à l’émergence d’une communauté de pratique centrée sur le facteur humain », précise Jean-Philippe, qui est également en tant que responsable de la Chaire Management des connaissances, une chaire soutenue par EDF et ÉS qui étudie particulièrement les communautés de pratiques.

A l’issue de cette première réunion de travail, l’ensemble des participants s’accordaient sur un mot d’ordre commun : l’humain doit être et sera au centre de l’Usine du futur.

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