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Favoriser l’économie transfrontalière

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Lundi 9 mai, l’association Au fil du Rhin organisait, à l’Université de Haute-Alsace de Mulhouse, une nouvelle table-ronde réunissant des professionnels de l’économie transfrontalière.

De frontière naturelle entre le Bade et l’Alsace, le Rhin est aujourd’hui le symbole des passerelles et des coopérations franco-germano-suisses. De très nombreuses initiatives ont vu le jour dans les domaines de l’économie, de la formation, de l’emploi, du tourisme et de la culture. Pour développer le sentiment d’appartenance à un espace géographique et culturel rhénan commun et renforcer l’attractivité du Standort Oberrhein, le bilinguisme franco-allemand représente encore un enjeu majeur, mais pas uniquement, les frontières intellectuelles restant un frein psychologique et culturel.

Après avoir remercié de sa présence Michèle Lutz, 1er Adjoint au Maire de Mulhouse, Didier Bonnet, journaliste économique, a choisi de présenter les intervenants en leur demandant ce que le Rhin évoque pour eux.

Patrick Hell est chargé de mission Infrastructures et Réseaux Consulaires Européens à la CCI Sud Alsace à Mulhouse. « Le Rhin représente un trait d’union entre les peuples, mais c’est encore hélas une frontière entre les peuples. C’est aussi un grand espace de loisirs et de rencontres où je prends beaucoup de plaisir à vivre. »

Magalie Obrecht est animatrice économique au sein de la communauté de communes en charge de la pépinière d’entreprises La Ruche, de la plateforme pour l’emploi transfrontalier Petra à Fessenheim et des relations avec le Gewerbepark Breisgau. « Pour moi, le Rhin est un lieu de passage des péniches et, aujourd’hui, il représente pour moi et dans mon métier un espace passerelles entre les gens. »

Serge Neunlist est le 1er Vice-Président de l’Université de Haute-Alsace, vice-président de l’inter-culturalité dans EUCOR, le Campus Européen, et initiateur de NovaTris, centre de compétences transfrontalières. Ce chimiste de formation s’imagine un oiseau survolant le Rhin, voyant alors « un fleuve, deux rives et de la vie de part et d’autre. »

Comment définir la notion d’économie et de relations transfrontalières, par rapport aux achats et au tourisme de proximité ? Pour Patrick Hell, « le transfrontalier c’est le tourisme et les achats de proximité. Il faut dire que l’euro et la disparition des douanes physiques ont favorisé les échanges. Il y a aussi l’import-export entre la France, la Suisse et surtout l’Allemagne. La Chambre de Commerce et d’Industrie est très engagée en faveur du bilinguisme en Alsace car il impacte la valorisation du territoire et contribue au rayonnement international : le développement des entreprises, le développement des populations et la lutte contre le chômage. On promeut le bilinguisme pour les entreprises d’Alsace avant le travail frontalier. Il vaut mieux que les personnes travaillent en Allemagne ou en Suisse et rapatrient en France leurs salaires. L’Allemagne et surtout la Suisse ont tendance à embaucher nos meilleurs éléments. »

« L’enjeu principal pour le Sud Alsace dans la coopération transfrontalière concerne le bilinguisme« 

Vu de la plateforme Petra à Fessenheim, Magalie Obrecht voit dans l’économie transfrontalière « surtout des entreprises étrangères qui recrutent en France, voire qui investissent et se développent en France. Et la construction récente du pont sur le Rhin entre Fessenheim et Hartheim a fortement favorisé les relations transfrontalières. » Pour Serge Neunlist, parler d’économie transfrontalière est complexe car les chiffres du PIB, de l’emploi sont très variés entre Mulhouse, l’Allemagne et la Suisse. « L’enjeu principal pour le Sud Alsace dans la coopération transfrontalière concerne le bilinguisme, affirme d’emblée Patrick Hell. Ici, dans le Sud-Alsace, le Rhin est un espace intégré avec deux langues officielles, le français et l’allemand, et le bilinguisme est un véritable levier d’épanouissement personnel et professionnel, ouvrant des emplois plus intéressants et plus rémunérateurs. 60000 Alsaciens traversent chaque jour la frontière pour travailler en Allemagne, souligne le représentant de la Chambre de Commerce et d’Industrie. En Alsace, 30% des Alsaciens sont dialectophones, mais ce chiffre chute à moins de 3% pour les moins de 20 ans ! On le voit bien, le bilinguisme, la double culture, est davantage aujourd’hui un mythe qu’une réalité. »

Un constat qu’explique aisément Serge Neunlist. « Quand, dans un lycée français, un jeune apprend l’allemand deux heures par semaine et obtient un 7/20 à l’examen, l’allemand n’est pas du tout une langue plaisir pour lui. A l’Université de Haute-Alsace, on a donc remis au goût du jour les cours tandem dans lesquels on met en situation un jeune Français et un jeune Allemand et, du coup, l’apprentissage est beaucoup plus ludique et efficace. »

Didier Bonnet, journaliste économique et animateur de cette table-ronde, interroge alors Magalie Obrecht sur la genèse de Petra. Comment une collectivité locale apporte des réponses à ce paradoxe, une pénurie de main-d’œuvre d’un côté du Rhin, un chômage élevé de l’autre ? « Face à une augmentation du chômage en France, les élus de part et d’autres du Rhin ont eu envie de relier les demandeurs d’emploi français avec les offres allemandes. Petra, est ainsi une plateforme de l’emploi transfrontalière qui a vu le jour en 2013 pour répondre aux chiffres du chômage qui ne cessait d’augmenter. C’est une volonté de l’ancienne communauté de communes Essor du Rhin. L’objectif est de faciliter la mise en relation entre les demandeurs d’emplois français et les employeurs allemands. Petra est né ici car le site réunissait trois opportunités : le pont de Fessenheim-Hartheim, la présence de la pépinière La Ruche, et la zone d’activité du Gewerbepark Breisgau. Pourtant, on a vite constaté que les gens ne connaissaient même pas l’existence du pont de Fessenheim-Hartheim. Pour notre communauté de communes, Essor du Rhin, c’est un véritable défi. Nous regroupons 7 communes pour 9284 habitants. Et, après la décision de Fessenheim de créer une commune nouvelle avec Balgau et Nambsheim, l’Essor du Rhin devrait fusionner en 2017 avec le Pays de Brisach (22 communes, 23600 habitants). Aujourd’hui, nous avons développé des coopérations avec Gewerbepark Breisgau qui compte 100 entreprises pour 2000 emplois. Petra est ainsi une plateforme de l’emploi, implantée au pied du pont de Fessenheim. Notre rôle est de développer les contacts avec les entreprises les les organismes d’aide à l’emploi. On facilite la mise en relation, on informe les demandeurs des offres, mais c’est à eux ensuite de contacter les entreprises. Ceci dit, la langue reste une barrière et nous organisons donc des rencontres en France pour que nos demandeurs d’emplois puissent rencontrer des Allemands tout en étant rassurés. Mais la deuxième étape consiste pour eux à franchir le Rhin pour aller rencontrer en Allemagne les entreprises qui recrutent. Mais cela va aussi pour sensibiliser les entreprises allemandes à nos spécificités françaises. Nos législations sont très différentes et nous devons aussi sensibiliser les employeurs allemands aux aspects législatifs français. Du coup, on s’appuie aussi sur les salariés français des employeurs allemands pour favoriser ces échanges d’information réciproques. ».

Le premier campus européen !

Comme Magalie, Patrick Hell insiste sur l’importance du bilinguisme qui est « un facteur concurrentiel, notamment pour exporter vers l’Allemagne. La CCI s’appuie sur un bilinguisme inné mais souhaite développer un trilinguisme aisé, source de développement et d’emploi. » Pour Serge Neunlist, « le bilinguisme est le plus voyant des clignotants mais, au-delà, nous nous heurtons encore énormément à des frontières culturelles. A l’Université de Haute-Alsace, nous avons ainsi développé des formation bi- et trinationales pour développer les compétences interculturelles. Le verbal ne représente que 10% du dialogue. Le reste est non-verbal, or la gestuelle est propre à chaque pays. Par exemple, dans mon cours de chimie transfrontalier, la moitié des étudiants est français germanophone, l’autre est allemande francophone. Je dessine une molécule et je leur demande de fermer les yeux pour visualiser la molécule. Les Allemands ferment les yeux, les Français les gardent ouverts. Je leur montre que c’est une première différence culturelle. De même, l’éducation familiale et médiatique influe les comportements et elle est très différentes d’un pays à l’autre. Nous devons apprendre à déconstruire les a-priori pour prendre plaisir à se découvrir. C’est tout l’enjeu de la création d’EUCOR, le Campus européen. Si la domiciliation administrative du GECT est à Fribourg, son secrétariat est installé dans les locaux de la Maison universitaire internationale à Strasbourg, où se déroulera la cérémonie d’inauguration officielle de ce premier campus européen, demain mercredi 11 mai.

« A Mulhouse, nous dispensons des formations bi- et tri-nationales que suivent 1200 personnes, dont 600 étudiants dans le cadre de leur cursus. Et ils trouvent un emploi dans les trois mois ! »

EUCOR est le premier Groupement européen de coopération territoriale (GECT) créé en Europe entre les 5 universités du Rhin Supérieur de Bâle, Fribourg-en-Brisgau, Haute-Alsace, Strasbourg et le Karlsruher Institut für Technologie (KIT). EUCOR, c’est 2,3 milliards de budget annuel, 115000 étudiants, 11000 doctorants, 15000 chercheurs et 35700 employés. Notre objectif est notamment d’intégrer des chercheurs et enseignants éminents de Karlsruhe, Bâle, Fribourg, Mulhouse et Strasbourg pour enseigner dans nos différentes universités et les faire mener des travaux de recherche communs, et ainsi recruter des étudiants pointus pour les aider à mener ces recherches. A Mulhouse, nous dispensons des formations bi- et tri-nationales que suivent 1200 personnes, dont 600 étudiants dans le cadre de leur cursus. Et ils trouvent un emploi dans les trois mois ! Les formations transfrontalières sont la meilleure réponse : 50% des étudiants sont français, 50% sont allemands et ils forment une entité unique et cohérente. »

A la question de Didier Bonnet sur un manque d’appétence des Français pour l’Allemagne, Patrick Hell répond qu’il y a « une très grande appétence des travailleurs français pour la Suisse, du fait des rémunérations. La langue allemande fait peur et l’image de l’Allemagne est encore vue négativement en France. Or, l’Allemagne contemporaine est très agréable mais mal enseignée. Favoriser les jumelages et les rencontres fréquentes simplifient en effet grandement l’appréciation et l’intérêt réciproques. »

« Je crois beaucoup aux actions citoyennes pour favoriser les rencontres et faire passer le message de l’interculturalité », explique Florence Duchêne-Lacroix, la directrice de NovaTris présente dans le public. Le Centre de compétences transfrontalières NovaTris est un service exclusif de l’Université de Haute-Alsace, dont la mission est justement de soutenir le développement de formations initiales et continues à caractère transfrontalier. Pour cela NovaTris propose d’une part une offre de conseil et d’autre part une offre de modules d’enseignement permettant à l’apprenant, quelles que soient sa discipline de base et son expérience professionnelle, d’acquérir ou approfondir les compétences-clefs lui permettant d’évoluer avec aisance dans l’environnement transfrontalier.

Un autre frein au développement de l’économie transfrontalière demeure le transport

La question des transports par-dessus le Rhin reste un vrai frein. Quelques nouveaux ponts entre les deux pays ont été construits mais ils restent largement insuffisants. Comme l’a exprimé hier François Engel, un travailleur frontalier, « les trains s’arrêtent à la frontière ! » Un constat implacable souligné par un autre participant, Peter Kuhn, en charge de la coordination, de la presse et de la coopération transfrontalière au Landratsamt Breisgau-Hochchwartzwald. « Si on rêve seul, ce n’est qu’un rêve. Si on rêve ensemble, c’est le début de quelque chose. Il nous aura fallu dix ans de paperasse et de réunionite aiguë pour arriver à construire en un an le pont reliant les communes de Fessenheim et Hartheim. Pour réussir les relations transfrontalières, il faut trouver les acteurs bilingues qui en rêvent et les acteurs politiques qui le mettent en œuvre. Vu de nos capitales, c’est très compliqué et c’est dans les régions que sont les forces vives capables de relever ces défis. »

Patrick Hell en fait également l’amer constat. « C’est le grand hic entre la France et l’Allemagne. C’est plus simple entre Saint-Louis et Bâle. Les liaisons ferroviaires sont peu propices, les offres et leurs fréquences peu adaptées. Chacun se débrouille avec le co-voiturage et s’auto-organise. C’est aussi le témoignage de nombreux jeunes et c’est un vrai enjeu à moyen terme, notamment pour les jeunes apprentis alsaciens qui ne peuvent se déplacer dans les communes allemandes voisines dont les offres d’apprentissage sont pourtant nombreuses. »

Laurence Becker, Regio68, a souligné la ncéssité de développer les passerelles entre les entreprises françaises, allemandes, et suisses.Laurence Becker, en charge de la Regio du Haut-Rhin, l’association pour la promotion des contacts transfrontaliers dans les régions riveraines du Rhin, et salariée de l’Adira, co-organisait et co-financait la table-ronde avec l’association Au fil du Rhin. Son témoignage résumait bien l’ambiance générale. « Il est très difficile de faire rencontrer les entreprises françaises et allemandes. Les intérêts sont souvent divergents et les écarts économiques se creusent. Et d’insister : il est vraiment important que le combat se poursuive véritablement pour nos jeunes. Nous devons rester en alerte et favoriser les ponts entre les deux pays. En 2000, on avait 5% de taux de chômage, proche du chiffre de l’Allemagne. Aujourd’hui, on est à près de 10%. »

Autre personne présente dans le public, Anne Laszlo, chargée de mission à EDF pour les coopérations transfrontalières. « Cette table-ronde était vraiment intéressante. J’ai noué des contacts prometteurs avec Patrick Hell, Peter Kuhn et Laurence Becker. Si on s’intéresse au sujet des coopérations transfrontalières, on est sûr de rencontrer les bons acteurs ici ce soir. J’ai été particulièrement intéressée par la présentation d’EUCOR qui sera inauguré demain à Strasbourg. De même, la problématique des transports transfrontaliers est un vrai problème public, auquel EDF pourrait peut-être contribuer en termes d’éco-mobilité. Les problèmes doivent être liés entre eux pour apporter une réponse globale cohérente. » Autant de projets à suivre pour le développement durable de la région.

Avec cette troisième table-ronde s’achève ce premier cycle de tables-rondes organisées à l’UHA par l’association Au fil du Rhin. Une première série de soirée d’échanges qui pourrait en appeler d’autres, comme l’ont rappelé Catherine Million Hunckler, de l’Agence de développement touristique de Haute-Alsace, et Bernard Bloch, d’EDF en Alsace, membres de l’Association Au fl du Rhin, les deux initiateurs de ce cycle de tables-rondes organisée par l’association éponyme. « Au fil du Rhin regroupe des organismes publics, des entreprises et des associations qui œuvrent pour la promotion du Rhin pluriel, a ainsi expliqué Bernard Bloch. Les trois soirées organisées avec le soutien du service culturel de l’UHA auront permis aux intervenants de présenter trois visages très différents du Rhin et ainsi ont permis aux participants de mieux appréhender les enjeux sociétaux, environnementaux et économiques autour du Rhin. » Catherine Million Hunckler a ensuite invité le public à participer à l’Eurorando que l’association Au fil du Rhin et ses membres organisent le dimanche 22 juin prochain dans la Petite Camargue Alsacienne à Kembs.

Lire les articles des deux tables-rondes précédentes organisées dans le cadre du cycle de conférences Au fil du Rhin organisé avec l’UHA

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Patrick Hell (CCI), Magalie Obrecht (L’Essor du Rhin – Petra), Serge Neunlist (UHA – NovaTris – EUCOR), Laurence Becker (Régio68 – Adira) et Bernard Bloch (EDF – Au fil du Rhin)


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